Et je m'en allais, les poings dans mes poches crevées, le c½ur serré. Les lampadaires étaient éteins, aucune lumière ne m'indiquait le chemin. Je marchais à l'aveuglette dans cette ruelle sombre, mes pieds nus se faisait perforer par les bouts de verre au sol. Des résolutions pleins la tête, j'avançais méfiante malgré moi. L'air était humide et des bruits me titillaient les oreilles, j'entendais des voix sans comprendre les paroles. Puis d'un coup, une mélodie, une berceuse plus exactement, se mit à résonner. C'était sa voix, pas véritablement, mais moi, j'entendais sa voix. Je marchais à présent la tête haute, le c½ur dénoué. Une lumière apparue, cet ange était en face de moi, les bras grand ouverts, le sourire aux lèvres. Mes larmes se séchèrent et je courrais dans sa direction. Arrivée face à lui, une larme coula le long de son visage, et il disparut dans la noirceur de la nuit. Mes espoirs furent emportés, dévorés, déchiquetés, et mon c½ur n'était à présent que des bouts de verres qui tombèrent au sol. Avec l'envie rageuse de perforer les pieds de la prochaine âme perdue qui passera ici. J'avais perdue ma seule raison de vivre, mon but. Je l'avais perdue elle.
Parfois, je pris pour ne jamais refaire ce genre de rêve.
Parce que je l'aime, et cette pointe au c½ur, je l'ai toujours.